Jardins des Gorges de l'Aveyron

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Lettre du 25 septembre 2012

Retour sur un bout de chemin partagé avec les Jardins des Gorges de l’Aveyron.

Depuis 2004, membre du Conseil d’Administration et présidente de l’Association depuis 2007, j’ai pris cette année la décision de me retirer du CA. Il était temps de passer la main, et puis les distances avec le site étaient à prendre en compte… Valérie, notre animatrice, me presse de vous écrire un petit mot. Je viens vous saluer et vous partager quelques impressions sur ce « bout de chemin ».

L’aventure aux côtés des Jardins des Gorges de l’Aveyron a commencé en 2002, par l’ouverture d’un lieu de dépôt à l’Ecole des Mines d’Albi. Ce fut le premier contact et la découverte de ce chantier d’insertion, planté dans le concret, celui de la production et de la distribution de légumes, ancrée dans une démarche écologique, mais avant tout au service, dans ce si beau vallon de l’Aveyron, de celles et ceux qui y cherchent un travail, la possibilité de faire un bilan et de rebondir.
Il y a quantité de façon de se procurer de bons légumes, celle que choisissent les adhérents aux Jardins prend forcément, même s ‘il y a des nuances et degrés, une dimension solidaire. Ce pont jeté entre des réalités très opposées fut sans doute l’un des principaux moteurs de mon engagement au CA.

L’autre côté du miroir est un univers dont, pour l’essentiel, j’ai fait, chemin faisant, la découverte avec les administrateurs et les salariés des jardins. En deux mots, cet univers est celui d’une structure qui, les yeux toujours rivés sur ses objectifs liés à l’insertion, met tout en œuvre pour sa pérennité et le bouclage équilibré de son exercice. Belle aventure et expérience riche que cette navigation de quelques années, suivent quelques notes personnelles…

En premier lieu, il y a la prise en compte de celles et ceux qui n’ont pas le parcours standard, sans non plus vouloir les conformer à celui-ci mais bien en les accompagnant dans le respect de chacun, depuis là où ils sont au moment de leur arrivée aux Jardins jusque là où il sera possible d’aller ensemble dans le débroussaillage, désherbage, soin, maturation d’un parcours chaque fois différent. Voilà une démarche qui modifie le regard sur la société ici et ailleurs, l’accueil du pas pareil qui n’a pas pour limite celle du département du Tarn ou du Tarn et Garonne mais conduit aussi à une ouverture plus large sur le monde et ce qui s’y passe entre « ceux qui », « ceux qui pas » ou « ceux qui autrement ».

Et puis il y a la grêle, le camion en panne, la mauvaise surprise de visites nocturnes, il y a la succession, parfois très rapprochée, des dits « nouveaux » dispositifs réglementaires, les grands numéros d’équilibre imposés à une trésorerie fragilisée par les retards et reports du versement des subventions… Autant d’évènements, grands classiques du quotidien des Jardins, où j’ai vu en œuvre le constant investissement d’une équipe de permanents convaincus, professionnels et imaginatifs. Non ! chers lecteurs de la lettre hebdomadaire du JDGA ne pensez pas que j’exagère, venez les rencontrer !

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Donner une saveur supplémentaire à l’origine de ce que l’on met dans son assiette et partage avec ses proches, selon le slogan des Jardins de Cocagne, « donner du sens à ses légumes », accepter de ne pas décider de tout, et ce aussi dans la composition des repas, mais le faire au gré de ce que les saisons produisent, là où on vit, sont autant d’invitations à faire différemment, voire « sans » parfois. Au-delà du panier hebdomadaire de légumes, une évidence s’est imposée, faire de même pour l’ensemble des approvisionnements : chercher et trouver près de chez soi des producteurs, éleveurs, des paysans-boulangers respectueux de l’environnement, mettre ainsi un nom, un visage sur le pain, la viande ou la farine, et soutenir des initiatives économiquement fragiles mais viables face aux circuits massifs de distribution.

Enfin, la proximité avec la nature, faire germer, pousser récolter… cela m’a démangé. Je me suis lancée avec de modestes jardins carrés. Pour preuve, cette photo d’une maraîchère « grande débutante » qui vous salue et vous donne rendez-vous lors des occasions de rencontre que proposent les Jardins.

Toute l’Equipe des Jardins remercie chaleureusement, Dolorès Liret.

« Nous vous remercions pour votre disponibilité, votre engagement auprès de l’association.Merci pour ce que vous avez apporté et ce que vous continuez à offrir ».